
Depuis quelques jours, les réseaux sociaux sont inondés des vidéos de courte durée émanant de l’interview accordée par M. Djiba Diakité à Forbes pour communiquer autour du projet et du programme Simandou, le traitant de menteur et autres qualificatifs qui ne sont ni respectueux ni élogieux.
En effet, dans son intervention, il a déclaré, compte tenu du volume important des dossiers sur le ce projet : « Pour vous donner une idée, les documents contractuels si on les met bout à bout, c’est environ 14 km ». Analysons un peu en réalité ce que cette déclaration signifie :
Premièrement, c’est une estimation simple pour montrer que ces documents contractuels sont très volumineux.
Deuxièmement, mathématiquement, 14 km correspondent à 14000 m et une feuille de papier rame est estimée à 29,7cm de long soit 0, 297m. Pour connaitre le nombre de papier rame utile pour faire les 14km, nous faisons le rapport 14 000/0,297. On trouve exactement 47 138,04 feuilles de papier rame. Ceci sans considérer que les documents sont en recto verso.
- Supposons que les documents ne sont pas imprimés en recto-verso mais à 300 pages au minimum. Cela veut dire que nous aurons au total 157,12 soit par approximation supérieure 158 documents. Ce qu’on peut juger normal ;
- Supposons que les documents sont imprimés en recto verso à 300 pages minimum. Cela nous donne 79 documents au maximum. Ce qui est aussi normal.
Il n’est un secret pour personne qu’un seul document d’étude de faisabilité peut dépasser 600 pages. Or selon les spécialistes du domaine, il a plus de 7 études de faisabilité. A cela s’ajoutent des documents techniques comme : Les recherches géologiques sur les quatre (4) blocs; Le rapport sur le résultat de recherches en ce qui concerne la nature, la qualité, le volume et la situation géographique de la ressource minérale identifiée ; L’analyse économique et financière du projet et le plan d’obtention de la concession et les autorisations nécessaires ; Le model financier et l’analyse de la sensibilité du projet des trois (3) études susmentionnées ; L’Etude d’impact environnemental et social détaillée, assortie d’un plan de Gestion Environnementale et Sociale, comprenant un Plan de Dangers, un Plan de Gestion des Risques, un Plan Hygiène Santé et Sécurité, un Plan de Réhabilitation, un Plan de Réinstallation des Populations Affectées par le projet et les mesures d’atténuation des impacts négatifs et d’optimisation des impacts positifs ; Les plans et les estimations pour les infrastructures industrielles ; le plan d’appui aux entreprises guinéennes pour la création et/ou le renforcement des capacités des PME/PMI ou des entreprises appartenant ou contrôlées par des Guinéens pour la fourniture de biens et services largement utilisés dans le cadre de leurs activités et un plan de promotion de l’emploi des Guinéens ; le chronogramme détaillé des travaux à réaliser (Mine – Chemin de fer – Port) ; le plan pour le développement communautaire annexé à la Convention de Développement Local qui couvre, entre autres, les aspects formation, infrastructures médicales, sociales, scolaires, routières, de fourniture d’eau, d’électricité ; le plan architectural du siège de la société assorti d’une demande d’attribution de parcelle adressée à l’Administration compétente ; et l’étude du projet et le plan de réhabilitation du site post-exploitation. Pour ne citer que de ceux-là.
En somme, on peut affirmer sans ambages que, Monsieur Djiba Diakité a plutôt estimé au rabais le volume des documents contractuels du projet et du programme Simandou en parlant de 14 km. On peut plutôt l’estimer à plus de 100 km.
Grégoire ANKOU
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